You are currently viewing Plaques, silicone, résine : les solutions modernes pour le confort du pied de votre cheval

Plaques, silicone, résine : les solutions modernes pour le confort du pied de votre cheval

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Equitation
  • Temps de lecture :12 min de lecture

Votre cheval se pose avec hésitation sur le gravier de la cour, raccourcit ses foulées sur le chemin empierré, puis repart parfaitement bien sur le sable de la carrière. Beaucoup de propriétaires connaissent ce scénario. Le fer, à lui seul, ne suffit pas toujours : sole fine, sols durs, pathologies du pied. Les maréchaux-ferrants disposent aujourd’hui d’une vraie boîte à outils pour le confort du pied du cheval. Plaques, silicones, résines et fers collés répondent chacun à des situations précises, et c’est ce tri que nous vous proposons ici, des signes d’alerte jusqu’au choix du matériel.

Pour améliorer le confort du pied d’un cheval, le maréchal peut ajouter une plaque sous le fer pour protéger la sole, couler du silicone pour amortir les appuis, ou recourir à la résine et aux fers collés quand la paroi ne supporte plus les clous. Le choix se fait après un diagnostic partagé avec le vétérinaire.

Pourquoi protéger davantage le pied de son cheval ?

Le sabot encaisse chaque appui, à chaque allure. Quand la protection naturelle de la corne ou celle du fer ne suffit plus, le cheval le montre, souvent avant que le propriétaire ne mette un mot dessus. C’est pour répondre à ces cas que des spécialistes comme Top Fer, distributeur officiel Mustad en France, proposent aux maréchaux toute une gamme d’accessoires dédiés au confort et à l’entretien du pied.

Les signes qui doivent alerter sont assez parlants. Un cheval qui boite sur sol dur mais pas sur sol souple, qui raccourcit ses pas, qui cherche le bas-côté herbeux sur la route, ou qui présente des bleimes au parage. Ces petites contusions de la sole, visibles comme des taches rougeâtres, trahissent des chocs répétés.

Certaines situations augmentent le risque. Une sole naturellement fine, une fourbure, un syndrome naviculaire, un travail régulier sur route ou sur terrain caillouteux, ou encore une reprise après blessure. Dans tous ces cas, le ferrage classique mérite d’être complété.

👉 Bon à savoir : une boiterie qui apparaît brutalement n’est jamais un simple problème de confort. Faites d’abord examiner votre cheval par le vétérinaire. La plaque ou le silicone viennent après le diagnostic, jamais à sa place.

Les plaques : la protection la plus répandue

Glissée entre le fer et le sabot, la plaque couvre tout ou partie de la sole. C’est la solution que les maréchaux posent le plus souvent, parce qu’elle s’adapte à presque toutes les ferrures et qu’elle se retire au ferrage suivant. Les catalogues spécialisés proposent des plaques en cuir, en polyuréthane ou bi-composant, plates ou compensées.

Plaques plates et plaques cuir

La plaque plate protège la sole contre les chocs et les cailloux. Le cuir reste une valeur sûre, apprécié pour sa souplesse et son côté naturel. Les plaques synthétiques, elles, résistent mieux à l’humidité et amortissent davantage selon le matériau choisi. Pour un cheval de randonnée qui alterne chemins forestiers et portions empierrées, c’est souvent la première solution testée.

Plaques orthopédiques : furcales, à coin, à appui de fourchette

Les plaques orthopédiques vont plus loin. Elles modifient la répartition des appuis. Une plaque compensée, ou à coin, rehausse les talons de quelques degrés : les catalogues proposent par exemple des versions compensées à 2° ou 3°. Ce réglage soulage l’arrière du pied, une option fréquemment discutée pour un cheval atteint de syndrome naviculaire. Les plaques furcales ou à appui de fourchette, elles, redistribuent une partie de la charge vers la fourchette pour décharger les zones douloureuses.

Ces plaques ne se posent pas au hasard. L’angle retenu dépend des radiographies et de l’avis du vétérinaire. Un mauvais réglage peut déplacer le problème au lieu de le résoudre.

👉 Bon à savoir : sous une plaque, l’humidité et les saletés peuvent stagner. Le maréchal nettoie et traite la sole avant la pose, souvent avec un produit de garnissage antiseptique. De votre côté, surveillez l’odeur au curage : une odeur forte au niveau de la fourchette doit vous faire appeler votre maréchal.

Sabot de cheval

Silicone et matériaux de rembourrage

Le silicone se coule directement sous la plaque, entre la sole et le matériau de protection. Il épouse la forme du pied, répartit les pressions sur une surface plus large et amortit les chocs. Il est souvent associé à une plaque, qui le maintient en place.

Tous les silicones ne se ressemblent pas. Leur dureté s’exprime en shores : un silicone souple, autour de 20 shores, convient à un pied très sensible, tandis qu’un produit plus ferme, jusqu’à 40 shores, soutient davantage. Des marques comme Vettec, avec sa gamme Equi-Pak, ou Mustad, avec la gamme ComfortMix, déclinent plusieurs duretés et formulations selon le besoin du cheval.

❓ Le saviez-vous ? Certains silicones de maréchalerie existent en version enrichie à l’oxyde de zinc (ZnO). Si votre maréchal en utilise, demandez-lui ce qui a guidé son choix pour votre cheval.

Résines et fers collés : quand on ne peut pas clouer

Clouer suppose une paroi saine et assez épaisse. Or ce n’est pas toujours le cas. Paroi fragile ou délabrée, pied de poulain encore en croissance, cheval fourbu dont on veut éviter les chocs du brochage : dans ces situations, la résine prend le relais.

Les résines de reconstruction permettent de combler une paroi abîmée, fendue ou arrachée, pour redonner au pied une forme et une surface d’appui. Les fers collés, eux, se fixent sans aucun clou. Il en existe même des modèles destinés aux poulains, utilisés pour accompagner la correction des aplombs.

Ces techniques ont leurs limites, et il vaut mieux les connaître. Elles coûtent plus cher qu’un ferrage classique, demandent une vraie technicité et une préparation minutieuse de la paroi, qui doit être parfaitement propre et sèche. La tenue dépend aussi du terrain et de l’activité du cheval.

SolutionUsage principalPoint fortLimite
Plaque plate ou cuirSole fine, sols caillouteuxSimple, se retire au ferrage suivantRisque d’humidité sous la plaque
Plaque orthopédiquePathologies du piedModifie la répartition des appuisRéglage à valider avec le vétérinaire
SiliconeAmortissement, pied sensibleÉpouse la forme du piedAssocié le plus souvent à une plaque
Résine et fer colléParoi fragile, poulain, fourburePas de clousCoût, technicité, tenue variable

Bien choisir avec son maréchal : la qualité du matériel compte

La meilleure solution naît d’un diagnostic partagé entre le maréchal et le vétérinaire. Le premier connaît le pied au quotidien, le second pose le diagnostic médical et lit les radiographies. Quand les deux se parlent, le choix entre plaque, silicone ou résine devient beaucoup plus juste.

Le suivi après la pose compte autant que la pose elle-même. Observez votre cheval dans les jours qui suivent : son allure sur sol dur, sa façon de se tenir au box, la chaleur du pied. Notez ce que vous voyez et transmettez-le à votre maréchal au rendez-vous suivant.

Reste la question du matériel. Un silicone qui se décolle ou une résine qui ne tient pas ruinent le meilleur diagnostic. Les maréchaux se tournent donc vers des produits professionnels issus de marques reconnues comme Mustad, Vettec ou Life Data Labs, connue pour son complément Farrier’s Formula destiné à la qualité de la corne. On les trouve chez un distributeur spécialisé en maréchalerie, qui réunit plaques, silicones, résines et fers à coller dans un même catalogue.

❓ Le saviez-vous ? Mustad, l’un des grands noms de la maréchalerie mondiale, a été fondée en 1832 en Norvège.

Pour anticiper le budget de ces ferrures spécifiques, notre article sur le coût de l’entretien d’un cheval vous aide à situer la maréchalerie parmi les autres postes de dépense.

Nos réponses à vos questions

Une plaque convient-elle à tous les chevaux ?

Non. Elle se justifie pour une sole fine, un travail sur sol dur ou une pathologie. Un cheval au pied solide qui travaille sur sol souple n’en a souvent pas besoin.

Faut-il retirer la plaque à chaque ferrage ?

Oui. Le maréchal la retire, nettoie et contrôle la sole, puis décide de la reposer ou non selon l’évolution du pied.

Le silicone peut-il s’utiliser sans plaque ?

Il existe des produits conçus pour cela, mais le silicone est le plus souvent coulé sous une plaque qui le maintient en place. C’est au maréchal d’arbitrer selon le cas.

Un fer collé tient-il aussi bien qu’un fer cloué ?

La tenue dépend de la préparation de la paroi, du produit utilisé et de l’activité du cheval. Bien posé, un fer collé rend de grands services quand le clouage est impossible.

Un cheval confortable est un cheval qui travaille mieux et plus longtemps. Plaques, silicone, résine : ces solutions modernes pour le confort du pied de votre cheval ne remplacent ni le parage ni le regard du vétérinaire, mais elles donnent au maréchal les moyens d’adapter la ferrure au pied réel de votre cheval. Au prochain ferrage, ouvrez la discussion. Décrivez ce que vous observez, posez vos questions, et demandez quels produits il utilise. Pour découvrir le matériel qu’emploient les professionnels, le catalogue de topfer.fr donne un bon aperçu de ce qui existe aujourd’hui.