La SHF soigne les régions
Une première : la Société Hippique Française avait organisé jeudi 26 janvier une journée d’information-débat pour les présidents d’associations régionales d’éleveurs. Original et instructif !
Ph. Paul Dubos
C’est que, depuis que la Société Hippique Française est devenue la société-mère du jeune cheval et poney de sport, après validation par le Conseil d’Etat début juillet 2010 de la modification de ses statuts, les associations régionales d’éleveurs font partie intégrante de la dynamique. Elles ont même, depuis les élections de mars 2011, leur propre collège au conseil d’administration de la nouvelle société-mère. Ce collège est composé de 8 membres (plus un représentant des marchands).
L’exercice avait donc probablement un côté politique, dans la mesure où la SHF, en « soignant » les présidents d’associations régionales d’éleveurs, réaffirme son nouveau statut de société-mère, dont les missions débordent aujourd’hui le simple cadre des épreuves jeunes chevaux. Reste que s’informer, débattre, échanger n’est jamais inutile et qu’à ce titre là les 15 présidents présents avaient de quoi se mettre sous la dent !
Christèle Couzy, sociologue
, est venue exposer, au nom de l’Institut de l’élevage, la synthèse de plusieurs enquêtes effectuées entre 2005 et 2010, intitulée : « Qui sont les éleveurs de chevaux de sport ? »
. Au total, 7 % de la population des éleveurs de chevaux, toutes productions confondues, soit 2 372 élevages, ont été sondés. De nombreux éléments intéressants en sont ressortis, venant parfois confirmer scientifiquement des indications que l’on pressentait intuitivement. Au final, la population des éleveurs de chevaux de sport s’avère très diversifiée, par la taille des élevages et les objectifs, avec seulement 10 % des éleveurs qui vivent réellement de cette activité. Ce qui rassemble, c’est le modèle de production, avec pour fil rouge la volonté majoritaire (2/3 des éleveurs) de produire pour le niveau professionnel, qui ne représente pourtant que 5 % des chevaux achetés. L’une des raisons de cette focalisation sur le haut niveau est l’importance du facteur « plaisir » dans la motivation des éleveurs de chevaux de sport, et la part du rêve. L’élevage, même quand il est rentable, dégage donc des marges très faibles et il semble indispensable pour ceux qui cherchent la rentabilité (ils ne sont que 15 % dans ce cas !) d’avoir une activité annexe (commerce, pensions - notamment de chevaux en retraite, etc…) .
Pôle France Jeunes cherche chevaux
Philippe de Guénin
(directeur général) et Laurent Elias
(directeur du département du haut niveau) sont ensuite venus présentés les objectifs de l’ENE (Ecole nationale d’équitation) dans le cadre de l’IFCE (Institut Français du cheval et de l’équitation). On a notamment parlé de la mise en place du Pôle France Jeunes, dispositif d’accueil permanent de jeunes sportifs, qui leur offrent un encadrement et des conditions optimales pour accéder au haut niveau. Dans ce cadre, l’ENE se dit intéressée par des partenariats avec les éleveurs, qui pourraient prêter des chevaux de bons potentiels, qui se trouveraient ainsi valorisés.
Audit de la filière en cours
Un échange a ensuite eu lieu avec Didier Garnier,
qui procède actuellement à un audit de la filière pour le Ministère de l’Agriculture. Connaisseur de la longue date de la filière cheval, Mr Garnier s’est dit convaincu de la mission économique et territoriale du cheval. Pour lui, le cheval est bien un produit agricole. En ce qui concerne la reconnaissance de la filière et de son caractère agricole via une interprofession, il considère que, « suite à l’échec de la Fival, ce qui a été fait au sein de la SHF est important. Il y a eu une volonté de regroupement et de cohérence. La société-mère doit permettre aux amateurs, qui sont majoritaires dans le cheval de sport, de le rester tout en entrant dans une sorte d’interprofession qui pourrait obtenir des aides de l’Etat et structurer la filière ». Son rapport doit être rendu au printemps.
L’UNIC et le Fonds Eperon
Jean-Yves Camenen
est ensuite venu présenter l’UNIC (promotion du cheval français à l’étranger) dont il est le directeur. Il s’est montré quelque peu sur la défensive, et par certains côtés presque désinvolte, face à une assemblée souvent dubitative sur l’utilité de cette association très ancienne et dont l’efficacité est souvent contestée, notamment au regard de son budget annuel de l’ordre de 550 000 euros, dont 40 % apportés par le Fonds Eperon. L’exercice était donc d’autant plus difficile que l’intervenant suivant était dans la salle, à savoir Alain Dassonville
, président du Fonds Eperon.
Après un rappel historique de la création de ce fonds apparu en 2005, aujourd’hui à hauteur de 12 millions d’euros annuels, Mr Dassonville a au passage expliqué qu’il connaissait les critiques adressées à l’UNIC, que son cas avait été étudié et que le Fonds Eperon a décidé de continuer à l’aider tout en la cadrant grâce à la mise en place de programmes annuels.
La TVA de Damoclès
Jean-Marc Lassus est venu présenter le GESCA (Groupement des entreprises du secteur du cheval agricoles) et faire le point sur le problème de la probable suppression, à la demande de la Commission européenne, du taux réduit de TVA à 5,5 % pour l’élevage et le commerce des chevaux, et donc d’un retour à 19,5 %. La Cour de justice européenne s’étant réunie, pour ce qui concerne la France, le 12 janvier dernier, elle devrait statuer vers septembre ou octobre et l’application d’une éventuelle condamnation est prévisible pour début 2013. Selon Mr Lassus, 2012 doit donc être l’année d’une mobilisation générale, massive et énergique des pays concernés pour agir à l’échelon politique, même si les chances d’aboutir sont, de l’avis assez général, assez minces.
La fin de la journée a ensuite été consacrée à l’organisation des régions au sein de la SHF, et notamment au projet d’harmonisation des statuts des ARE (associations régionales d’éleveurs).
Emmanuel Jeangirard
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0Commentaires
Il doit être permis à certains éleveurs français de ne pas adhérer à l'ANSF, surtout quand il s'agit de vendre l'"élite" de la race à prix coutant comme cela fut le cas à St Lô en 2011.
Je suis propriétaire (français payant des impôts en France) de chevaux ayant pour père Arko III et pour mère une jument holsteiner par Caretino x Corrado x Lord, propre soeur d'un étalon approuvé pour produire en SF .
Mes chevaux ont un livret "origine constatée " et ils paieront au plein tarif leurs engagements sur le circuit SHF sans jamais pouvoir prétendre au premier centime de gain.
Cette discrimination est contraire aux lois européennes et elle est stupide car je ne participerai plus qu'à une seule compétition SHF par mois à 4 et 5 ans et je n'irai pas à Fontainebleau avant 6 ans.
Mes chevaux iront faire chaque semaine pendant la saison des parcours d'entraînement sans pression sur des infrastuctures de la région ou participeront à des épreuves FFE dans l'espoir que cette institution prenne enfin le relais pour gérér la formation des jeunes chevaux.
Quant à l'UNIC, cette institution ne n'a jamais servi à rien depuis 25 ans et je ne comprends pas qu'elle survive encore dans un contexte d'endettement majeur de notre pays, sauf à payer des cotisations pour la retraite de son directeur.
Ph.POPPE
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