Coup de torchon sur les aides de l’Agriculture à la Filière Cheval
S’il y avait encore des acteurs de la filière équine pour croire au Père Noël, à quelques jours de la fête où tombent les cadeaux, le Ministère de l’Agriculture est là pour leur ôter toute illusion ! Avec une baisse de 26% des aides qui se poursuivra en 2012, le soutien de l’Etat au monde du cheval se réduit comme peau de chagrin !
Paul Dubos
Frédéric Letan et Kec Playing Tag
Coupes sombres et avenir noir
A l’issue d’une réunion du 15 décembre, le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire a publié les éléments de la politique du cheval et ses orientations budgétaires pour 2011-12. La lecture est inquiétante pour l’avenir de la filière. Le constat dressé par le Ministère relève plusieurs points négatifs tels que l’opacité des transactions, l’atomisation de l’élevage et le manque d’adéquation entre la production et ses débouchés l’amenant à réorienter ses aides. Ajouter à ça les obligations de la rigueur budgétaire (mise en œuvre des lois de finances dans le cadre de la RGPP), et vous obtenez des baisses drastiques des aides de l’Etat, particulièrement pour certains acteurs : pour la SHF c’est 170 000 € qui disparaissent avec la fin de sa subvention de fonctionnement. A voir si la Société Mère, par ailleurs largement saluée dans cette note, trouvera une autre solution qu’une augmentation des engagements pour compenser cette perte ? Si certaines associations nationales comme l’Institut du Droit Equin ou Handi Cheval limitent la plongée autour de – 10%, France Dressage voit sa subvention réduite de 8 000 à 5 000 € (-38%) avant sa disparition en 2012. Les aides pour le Salon de Saumur (10 000) le Pôle de Compétitivité (49 000) et les travaux du Grand Parquet de Fontainebleau (220 000) disparaissent totalement dès 2011.
La chasse aux aides de structures
Les associations de race voient les montants alloués réduits de 17% pour les stud-books à faible effectifs (Frison, Lippizan, Trakhener, Quarter Horses, Henson ….) passant de 3 000 à 2500 €, entre – 14 et – 17% pour les races de chevaux de trait, et de - 40 % pour les races de chevaux et poneys de sport à effectifs plus importants : l’ANPFS passe de 60 000 à 36 000, l’ACA de 130 000 à 78 000 … La baisse la plus spectaculaire en ordre de grandeur est pour l’ANSF qui avec – 40% sur 310 000 € en 2010 ( 400 000 en 2009) se retrouvera à 186 000 € en 2011 avant de ne plus avoir de soutien en 2012 ! Une nouvelle réunion est toutefois programmée le 5 janvier. D’ici là le Père Noël sera passé !
La part du pauvre pour le sport
La loi de finances 2010 distribuait un total de 8 417 000 euros à la filière cheval répartis en 7 313 000 euros pour l’élevage, 560 000 pour le sport, et 544 000 pour les actions nationales. En 2011 l’enveloppe globale passe à 6 231 000 euros, avec la piètre satisfaction d’un amendement sénatorial conduit par Jean Arthuis ayant permis de limiter la casse, le projet de finances initial fixant à 4, 7 M€ l’enveloppe cheval ! L’élevage restera le principal destinataire avec 5 865 000 (- 19,8%). Les actions nationales (type soutien aux associations nationales Handi Cheval …. Salon de Saumur …) disparaissent quasiment pour tomber à 56 000 € (- 89, 7%). Le soutien aux compétitions équestres passe à 310 000 € (-44,6%). Déjà en 2010 la baisse de cette ligne avait occasionné la disparition de nombreuses aides pour les organisateurs de compétitions équestres (disparition des subventions pour les championnats régionaux dans plusieurs disciplines, baisse du soutien aux compétitions internationales …). Si cette mouture de la politique du cheval et de l’enveloppe budgétaire l’accompagnant se confirment début janvier, les vœux de bonne année vont être maussades !
Les responsables des organisations concernées qui doivent s'attendre à desérieuses difficultés de gestion vont-ils rester sans réaction ?
Photo d'illustration
Jocelyne Alligier
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0Commentaires
Jo
Moins de concours avec des chevaux mieux travaillés.
Moins de parasites et de profiteurs qui prétendent aider les éleveurs et promouvoir les ventes en leur demandant de baisser leur prix de réserve lors des ventes aux enchères (par contre, les frais de réception ne baissent pas).
Et j'espère surtout que les étalonniers et vétos baisseront leur prix car le steack de poulain SF ou autre devient vraiment trop cher !
Les engagements jeunes chevaux vont augmenter : pas de problème; les chevaux sortiront moins et moins tôt, travailleront davantage sur le plat à la maison , s'useront moins à sauter sans être suffisamment dressés, assouplis, musclés et relachés. Et, si cela n'est plus tenable, peut-être pensera-t-on, comme dans tous les autres pays du monde qui en sont dépourvus, que la SHF coûte plus cher qu'elle ne rapporte, et qu'on peut tout aussi bien mettre des jeunes chevaux en compétition le week-end, dans des épreuves sans chronomètre, en même temps que les jeunes cavaliers et avec un classement ( si besoin est) différent.
Les éleveurs pourront voir enfin leur cheval en concours, le vendre à un acheteur identifié sans se faire tondre par une kyrielle d'intermédiaires, voir même le transporter et diminuer ainsi les coûts de production.
Certes les cavaliers professionnels auront un peu moins de temps pour monter les chevaux du grand prix Pro 2 et s'imposer facilement face à quelques amateurs fortunés. Mais peut-être est-il temps pour eux de choisir entre 4- 5 jours de concours par semaine avec "du pic et du carreau" travaillé principalement sur le droit et sur l'oxer, et deux ou trois jours le week-end avec de meilleurs chevaux, jeunes ou moins jeunes, moins nombreux, mieux travaillés, dégageant une plus value plus importante au moment de la vente parceque mieux dressés et plus simples d'emploi.
Une petite larme au passage pour l'UNIC,cliente assidue des hôtels et des grands raouts équestres dans de lointaines contrées.Aurait-elle du produire chaque année la balance entre ses coûts de fonctionnement et résultat de ses actions ( nombre de chevaux vendus par son intermédiaire, nombre de stagiaires étrangers venus se former en France ailleurs qu'à ENE, nombre de professionnels français implantés par elle à l'étranger ? Assurément oui!
J'allais oublier l'ANSF, les kilomètres de route qu'elle impose à ses éleveurs pour flatter leur ego à l'occasion d'une multitude de pseudo sélections tellement hasardeuses que tout le monde finit par y avoir sa chance avant d'exploser en vol à cause d'une usure mentale et physique des sujets présentés et d'un prix reposant sur une pseudo hiérachie sans aucun rapport avec la vérité du marché; son abandon des critères de valeur génétique précieusement capitalisés depuis des décennies; son incapacité à se financer autrement qu'en vendant du rêve à des gogos et à leurs étalons qui sailliront seulement la jument de leur voisin quand elle s'échappera du pré avant d'être victimes "d'une blessure" qu'on aurait pu facilement prévoir pour peu qu'ils aient passé avant leur approbation une visite vétérinaire sérieuse.
Pour l'ENE ou l'IFCE demandez à MM SCHOCKEMOHLE, EVAIN, LECOMTE, VAN DE LAGEWEG, TOPS, MELCHIOR,
STAUT, combien de fois il y sont allés, si une telle structure leur serait d'une quelconque utilité et s'ils seraient partants pour y investir un seul centime d'euro.
Comme vous l'aurez surement deviné, la réponse est dans la question.
Ph.POPPE
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